Présentation du projet STRAD
Notre époque fait face aux changements technologiques et environnementaux. Ce qui nous amène à réfléchir comment réagir aux chaînes de conséquence issues de l’obsolescence rapide des formats numériques, des systèmes de gestion et leur impacts environnementaux. C’est pour répondre à ces problématiques que le projet STRAD (Stratégies pour l’Archivage Durable) de la MSH Mondes se donne pour mission. Ses objectifs portent sur plusieurs thèmes qui sont les suivants :
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Sensibilisation aux enjeux écologiques
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Réflexion sur les choix technologiques
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Établissement de protocoles de gestion des données
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Cartographie et traitement des données aux formats obsolètes
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Réduction de l’empreinte écologique
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Augmentation de la durabilité des données
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Augmentation de la dissémination des données
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Création d’une culture de la durabilité
Les systèmes numériques actuels nécessitent des ressources importantes tant pour le stockage que pour la visualisation des données, ce qui entraîne une empreinte carbone significative pour les unités et infrastructures de recherche. Le projet STRAD propose d’adopter une approche basée sur l’édition de sites web statiques. Cette méthode consiste à utiliser des pages en HTML statiques qui ne requièrent pas de scripts serveur dynamiques ou de bases de données pour fonctionner. Ce choix technologique diminue considérablement les besoins en maintenance régulière et en mise à jour de Content Management System, réduisant ainsi fortement les risques de cyberattaques et la dépendance à des infrastructures énergivores. La simplification de l’architecture des systèmes de gestion de contenu et l’utilisation de pages HTML statiques permettent aussi de réduire l’empreinte écologique associée au fonctionnement et à l’archivage électronique et d’améliorer l’accessibilité des sites Web et la conservation à long terme des contenus de recherche dans les archives du Web ou à la BnF.
Rappel de définitions
Il existe deux types de site d’internet, statique et dynamique.
Site web statique
« Un site web statique est un site dont le contenu est figé et ne varie pas en fonction des caractéristiques de la demande. C’est-à-dire que les internautes qui demandent la page au même moment reçoivent le même contenu. Dans un site web statique, pour chaque page du site qu’on veut créer, on crée un document HTML correspondant selon les données stockées dans le serveur. On dit alors qu’une page web est statique quand le serveur reste statique pour la création de la page Internet. Il ne fait rien pour réajuster la page Web, il ne fait que la récupérer telle quelle du serveur. Les pages statiques impliquent donc que les pages – figées – sont déjà existantes sur le serveur. Une mise à jour dans un site statique doit être manuelle ». (Source: Site dynamique vs site Statique : Lequel choisir ?)
Site web dynamique
« Le site Web dynamique possède une base de données qui permet à la page de changer selon l’utilisateur ». (Source: Site dynamique vs site Statique : Lequel choisir ?). Ce type du site utilise des technologies de serveur telles que PHP.
Différences entre site statique et dynamique
Pour site statique, nous trouvons la simplicité de conception, la rapidité de chargement, la sécurité accrue, les coûts de développement et d’hébergement plus faibles. Tandis qu’un site dynamique est beaucoup plus cher en terme de développement et d’hébergement et il a besoin d’une maintenance régulière et potentiellement plus vulnérable aux problèmes de sécurité. Egalement il est beaucoup plus difficile à programmer. (Source: https://printixel.com/)
Quel choix ?
Le choix entre les deux types du site dépend la nature des besoins en termes de fonctionnalités et d’interaction avec les utilisateurs.
Le passage à une technologie de publication Web statique s’inscrit dans une démarche de sobriété numérique et d’éco-responsabilité. Cela aligne notre projet avec les objectifs de transition environnementale du CNRS, tout en assurant une meilleure pérennité et accessibilité des données de recherche. Ce projet s’inscrit également dans une logique de collaboration et d’expérimentation de la MSH Mondes, site expérimental Huma-Num, avec le HNLab de l’IR* Huma-Num, et permettra une mise en pratique des analyses théoriques développées dans le cadre du séminaire conjoint HNLab/MSH Mondes dédié aux enjeux des technologies à faibles impacts pour le Web (Low Technologies for the Web.
Avantages du site web statique
Les mots qui définirent bien les avantages du site web statique sont la simplicité et l’efficacité. Cette simplicité se trouve dans son format textuel qui sera léger et facile à déployer et redéployer en cas de nécessité. Ce contenu textuel peut être visible dans un temps longe, ainsi en terme d’archivage sera pérenne. L’efficacité de ce système est avant tout de ne pas avoir besoin d’une conception d’image. Cette absence d’image aide à gagner du temps dans la réalisation du site et également empêche d’une sorte de pollution visuelle et donc d’avoir la moindre distraction. En absence du serveur partagé, le système statique na pas de cette exigence de protection et de mis à jour régulier, contrairement d’un site web dynamique.
Empreinte environnementale
Afin de mesurer et de minimiser l’impact écologique de notre initiative de transition vers un archivage web statique, nous mettrons en place plusieurs stratégies d’évaluation et de gestion environnementale. L’une des principales mesures que nous prendrons est l’évaluation des coûts environnementaux d’hébergement des données et documents dans leur état actuel par rapport à leur nouvel état en format web statique, dans la lignée du guide des Bonnes pratiques numérique responsable pour les organisations1 et le Référentiel général d’écoconception de services numériques2 ou le GR491 (Guide de référence de conception responsable de services numériques3). En utilisant des données comparatives, nous pourrons déterminer l’efficacité de la migration vers des solutions d’hébergement moins gourmandes en ressources. Cette analyse inclura non seulement les coûts énergétiques directs, mais aussi les impacts indirects tels que la production de déchets électroniques et la consommation d’énergie pour la maintenance des systèmes de gestion de bases de données dynamiques. Il sera possible de mobiliser le GDS EcoInfo4 sur ces questions. Il est essentiel d’inclure également les coûts environnementaux du projet lui-même dans notre évaluation. Cela comprend les émissions de carbone liées aux déplacements pour les missions, les ateliers, ainsi que les ressources consommées pendant la phase de développement des outils de statification. En évaluant ces coûts, nous pourrons prendre des mesures pour les limiter, par exemple en favorisant les réunions virtuelles lorsque cela est possible et nécessaire, et en optimisant les cycles de développement pour réduire les besoins en ressources informatiques.
Perspectives
Projet STRAD est conçu pour induire des changements significatifs et durables dans la manière dont les données sont gérées au sein de la MSH Mondes et, potentiellement, à travers d’autres unités du CNRS. En encourageant la transition vers des systèmes d’archivage web statiques, nous visons à modifier les habitudes de travail des membres de la MSH, intégrant la prise en compte des enjeux environnementaux dès la phase de conception des projets. Cette nouvelle approche vise à établir une culture des données pérennes, où les besoins techniques sont évalués et adaptés aux objectifs de recherche, aux objectifs d’archivage pérenne tout en minimisant l’impact écologique. Le projet contribuera directement à la pérennisation des données en adoptant des formats plus stables, normalisés, légers et interopérables, moins dépendants donc des technologies dynamiques susceptibles de devenir obsolètes. Ce faisant, cela facilitera le traitement et la conservation des versements d’archives numériques au pôle archives de la MSH Mondes puis aux Archives nationales. Cette approche réduira également l’impact écologique de la conservation et de l’archivage des données, grâce à une diminution de la volumétrie de ces données et de la consommation énergétique requise pour les systèmes de gestion de bases de données et les serveurs d’hébergement. Ces pratiques améliorées contribueront à la durabilité environnementale mais aussi au partage, à la sécurité et à l’accessibilité à long terme des données de recherche. Les deux piliers de ce projet sont sa capacité à mutualiser les ressources et sa capacité à diffuser les connaissances acquises. Une base de connaissances, incluant des tutoriels et des guides de bonnes pratiques, sera mise à disposition non seulement pour la MSH Mondes mais aussi pour d’autres unités du CNRS. Ces ressources, associées à des ateliers ouverts et reproductibles, fourniront des supports partagés qui pourront être adaptés et utilisés par différentes entités pour leurs propres besoins de gestion de données. Elles seront en elles-mêmes des démonstrations de solutions Low Tech. Cette approche de mutualisation favorisera la création d’une communauté de pratique autour des méthodes de gestion durable des données, facilitant ainsi leur adoption à une échelle plus large. Les perspectives de transfert de ces pratiques sont renforcées par la modularité et la scalabilité des outils et méthodologies développés, permettant ainsi leur adaptation aux différents contextes et besoins spécifiques d’autres unités de recherche.